Chambres d'hôtes - reportage

Publié le par Pauline Tattevin

Odile ouvre un gîte, au lieu de chambres d'hôtes

Marc Roger
Odile et Didier Roy ont déjà trois chambres d'hôtes et un gîte, à Vieillevigne (Loire-Atlantique).
Photo: Marc Roger

Au Logis du Château, au coeur du vignoble nantais, Odile Roy mène sa barque dans les règles. Voilà trois ans que cette ex-agricultrice, au regard qui pétille et au rire très communicatif, a le statut de « professionnelle ».
Avec son mari, ils ont une SARL (Société à responsabilité limitée) qui comprend trois chambres d'hôtes, un gîte et une entreprise de charpente-menuiserie.

Récemment, Odile et Didier ont envisagé de créer de nouvelles chambres. Mais le décret du 4 août balaie cette option. Alors, bonne pâte, Odile s'adapte.
Dans trois ou quatre ans, elle va ouvrir un deuxième gîte, avec une chambre pour handicapés. Là-bas, dans le bâtiment en pierre, dans la cour. L'aménagement intérieur du gîte coûte, à lui seul, 15 000 euros.

Attablée dans la cuisine des chambres d'hôtes, Odile coupe des tranches de brioche vendéenne. Bien sûr, « il y a un manque de logements » dans le coin, et « beaucoup de personnes pleurent les chambres d'hôtes ».

Et puis, financièrement parlant, le gîte est moins rentable. Au Logis du Château, référencé aux Gîtes de France, une semaine en gîte, en très haute saison, coûte 450 euros. Une nuit en chambre d'hôte, petit-déjeuner compris, est facturée 50 euros.

Trop de charges

Mais Odile voit le bon côté des choses : « Avec un gîte, tu gagnes peut-être moins d'argent, mais tu as moins de travail. » Et puis, plus il y a de chambres, plus c'est dur de consacrer du temps aux gens.

« Avec six chambres c'est pas le même accueil. » Et Odile tient à recevoir ses hôtes comme dans un château. Un château où la propriétaire chante du Piaf au petit-déjeuner. Ce matin-là, c'était L'Hymne à l'amour.

Odile est une bonne vivante, elle n'en est pas moins réaliste. Avec son mari, ils ont la chance de posséder une menuiserie et de toucher des revenus complémentaires. « On ne peut pas vivre que des chambres d'hôtes, avoue-t-elle. Il y a trop de charges à côté. »

Le téléphone sonne. Odile court pour récupérer le combiné, laissé dans son bureau. Ce sont les occupants de la chambre des Orchidées. Ils ont repris, ce matin, le chemin des Pyrénées et appellent pour dire qu'ils sont bien arrivés.
Odile active le haut-parleur. Les vacanciers sont ravis, le tutoiement est de mise. Ceux-là ne semblent pas prêts à délaisser la chambre d'hôte.

Pauline TATTEVIN.

Paru dans Ouest-France, vendredi 17 août 2007

Publié dans Actu

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