Vogue la galère de ces parents célibataires

Publié le par Pauline Tattevin

Les familles monoparentales rencontrent plus de difficultés que les autres. Les jeunes mères célibataires sont les plus touchées.

« La diversification des trajectoires familiales a fragilisé certaines familles, et tout particulièrement les familles, dites monoparentales, particulièrement concernées par la pauvreté et la précarité de l’emploi et des conditions de vie. » Dans un rapport récent, le Centre d’études de l’emploi (CEE) résume les problèmes auxquels les parents isolés sont confrontés.

De fait, les parents célibataires sont plus souvent inactifs (17,3 % contre 14,3 %) et deux fois plus souvent au chômage (14,4 % contre 6,9 %) que les autres. Ils sont plus exposés aux CDD, emplois aidés…

Question rémunération, « les parents seuls gagnent un salaire net mensuel inférieur en moyenne de 305 € à celui des parents en couple, alors que leur salaire constitue souvent le seul revenu d’activité du ménage ». Du coup, les familles monoparentales ont, en moyenne, un niveau de vie inférieur à celui des autres familles.

Elles sont aussi plus mal logées, « plus souvent locataires de leur logement, et surreprésentées parmi les locataires dans le secteur social. Les familles monoparentales vivent plus souvent que les autres dans un logement surpeuplé et portent plus souvent un jugement négatif sur leur quartier. »

L’essentiel, c’est la garde des enfants

Attention toutefois aux généralisations : « Il y a des situations très diverses au sein des familles monoparentales », rappelle Anne Eydoux, coauteur du texte. Mais dans tous les cas, « elles restent plus exposées ». Aujourd’hui, en France, près d’une famille sur cinq est monoparentale. Dans les trois quarts des cas, cette situation résulte de séparations ou de divorces.

Ce sont les mères célibataires, celles qui n’ont pas été mariées, qui souffrent le plus. Selon Anne Eydoux, elles sont aussi souvent « plus jeunes et moins qualifiées ». Leur problème principal est donc de trouver, et surtout de garder, un emploi. Elles doivent concilier vie personnelle (la garde du ou des enfants à charge) et vie professionnelle.

Dans 80 % des cas, après un divorce ou une séparation, ce sont les mères qui obtiennent la garde des enfants. Les femmes isolées sont donc plus nombreuses, et, en moyenne, plus précaires que les hommes. Cette inégalité reflète la situation sur le marché du travail où les femmes touchent 20 % de moins que leurs collègues masculins.

Près du tiers des parents isolés sont bénéficiaires de minima sociaux. Ils touchent le Revenu minimum d’insertion (RMI), l’Allocation de parent isolé (API) ou l’Allocation de soutien familial (ASF). Mais « ça ne suffit pas, constate Anne Eydoux. Les familles monoparentales continuent à être surexposées.
L’essentiel, c’est la garde des enfants et un accompagnement-formation des mères. Parce que si leurs enfants sont gardés, les parents peuvent faire des calculs professionnels à plus long terme. »

Pauline TATTEVIN.

publié dans Ouest-France, août 2007

Publié dans Actu

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