C'est tendance, les sacs en toile de voile

Publié le par Pauline Tattevin

Economique et Social

Paru dans Ouest-France du mercredi 01 août 2007

C'est tendance, les sacs en toile de voile

Jérôme Fouquet.
Jean-Baptiste offre une deuxième vie aux gréements en fin de course. : Jérôme Fouquet.

Sous la machine à coudre d'un jeune Breton, les voiles de bateaux se transforment en sacs ou en objets de déco. Une initiative écolo, dans le vent.

Claquement de toile sur le port du Crouesty (Morbihan). Le bruit ne provient pas de la flotte de bateaux, amarrés en contrebas, mais d'un stand du marché, qui présente une ribambelle de sacs colorés, des rideaux, des poufs, une table basse et des transats... tous confectionnés à partir de voiles de bateaux.

 

La société 727 sailbags, basée à Plumélec (Morbihan), offre une seconde peau aux gréements et leur évite de finir à la décharge : « Ça prolonge la vie de la voile, explique Jean-Baptiste Roger, 27 ans, le créateur de la société. C'est du recyclage, avec, en plus, des matériaux exotiques et solides. » Dans la grand-voile en carbone d'un bateau de course, ce navigateur expérimenté (il a été vice-champion du monde de catamaran), taille un sac de voyage. Le génois (voile d'avant) d'un habitable fait un transat confortable. Jean-Baptiste utilise tous les types, toutes les matières de voiles.

 

Dans une voile du Vendée Globe

 

Les produits sont uniques et ils ont chacun leur histoire. 727 sailbags s'approvisionne dans les voileries, les sociétés de location et chez les coureurs professionnels. Du coup, le client peut se procurer un sac taillé dans une voile qui a fait le Vendée Globe. Ou un paravent issu d'un vieux gréement... Jean-Baptiste récupère aussi les voiles de particuliers, qu'il transforme à la demande : « Les gens aiment bien que je fasse un sac de leur vieille voile. Certains dessinent ce qu'ils veulent. Sur chaque produit, il y a un détail (un oeillet, un numéro) qui rappelle l'embarcation d'origine. » Récemment, le jeune Breton a reçu d'une Hollandaise la voile d'un bateau qui régatait en 1938. Il en a fait un sac à main.

 

En France, seulement deux entreprises (727 sailbags et Vent de voyage, à Saint-Malo) se partagent la grosse part du marché, déjà très tendance outre-Manche. « C'est en participant à des régates, que j'ai eu cette idée, raconte Jean-Baptiste. Les équipages anglais avaient toujours des supers sacs. N'en trouvant pas en France, j'ai décidé de les faire moi-même. »

 

Il y a deux ans, le jeune homme s'est acheté une machine et il a appris à coudre. Côté production, il fait tout : de la récupération à la couture, en passant par le nettoyage de la voile. Il faut deux heures pour faire un sac. L'hiver dernier, 727 sailbags a sous-traité une partie de la confection de ses produits aux prisonniers de la maison d'arrêt de Rennes (Ille-et-Vilaine).

 

Jusqu'à Hawaï

 

Sa créativité a valu à Jean-Baptiste Roger, le prix « Talents » régional, en 2006. Et une reconnaissance internationale. Présent sur Internet, et sur plusieurs salons, il vient de réaliser quatre-vingts sacs matelots pour Jaeger-le-Coultre, fabricant de montres de luxe. Les produits ont été exportés à Hawaï, à Madrid...

 

Si l'initiative plaît aux clients, elle ravit aussi les marins, qui «sont respectueux de la mer et de l'environnement». Prochaine étape pour le jeune entrepreneur breton : installer des bennes dans tous les ports de Bretagne Sud qui l'accepteront, pour collecter plus facilement les voiles.

 

 

Pauline TATTEVIN.

 

 

Pratique : www.727sailbags.com.

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