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Publié le par Pauline Tattevin

Les flops et les tops de l’été


Le tourisme fait grise mine. En fait, le vacancier bouleverse ses habitudes. Préfère le cinéma à la bronzette. Achète du potage plutôt que des cornets de glace. Et, faute de devoir se badigeonner de crème solaire, il choisit de se dorer sous une lampe UV.

Chauds les bouillons, les glaces s'effondrent.
Le petit plaisir glacé est passé à la trappe : - 37,1 % de ventes en supermarchés, en juillet, par rapport à 2006 (*). « C'était une triste année », résume Christian Millet, le secrétaire général du syndicat des fabricants industriels de glaces. La glace, qui « se consomme quand il fait ni trop chaud, ni trop froid », n'a pas eu beaucoup de succès cet été. Et le mois de septembre, s'il est beau, ne rattrapera pas l'été. Révélation brûlante : les ventes de potage ont décollé dans les supermarchés : + 63,4 % en juillet ! Les ventes de soupes Knorr, qui étaient en recul l'an dernier, bondissent de 73,2 %.

 


L'aquarium préféré au parc aquatique
Aquarium et parc aquatique : même racine latine mais vulnérabilité différente face à la pluie. Les poissons en captivité de l'Océarium du Croisic ont accueilli 5 % de visiteurs de plus en juillet et 2 % en août. Record historique à Océanopolis (Brest) le 14 août avec 10 120 entrées. L'aquarium a parfois fermé ses portes pour réguler la fréquentation. Les parcs aquatiques ont, eux, seulement rempli les bassins. 30 000 entrées à Capfl'O (pays de Flers) : la plus faible fréquentation depuis cinq ans. À Océanile (Vendée), le bilan 2007 s'annonce être le pire depuis l'ouverture en 1993.

 


Un ciné plutôt que la bronzette
Tant pis pour le bronzage, 16 millions de spectateurs ont fréquenté les salles obscures, durant le seul mois de juillet. C'est 58 % de plus que l'année précédente. Harry Potter et Bruce Willis (Die Hard 4) au début de l'été, le rat cuistot de Ratatouille en août ont séduit les foules, contrairement aux plages du bord de mer ou de Seine. Transats vides et parasols en guise de parapluie, l'opération Paris-Plage est la grande perdante de cet été pourri. La mairie de Paris ne délivre aucun chiffre mais on est loin des 3,8 millions de plagistes qui ont usé le sable de Paname en 2006.

 


Solarium contre protection solaire.
Alors que les tubes anti UVA et UVB sont restés dans les rayons des supermarchés - les ventes ont chuté de 27,7%, en juillet (*) - , les centres de bronzage rayonnent. « On a été le lot de consolation des vacanciers qui n'ont pas eu leur dose de soleil », se réjouit Dominique Baumier, directeur de Point Soleil. Le premier réseau français de centres de bronzage en cabines enregistre une hausse de sa fréquentation de 25%, en juillet et de 27% depuis début août. Pour Dominique Baumier, les clients sont venus chercher sous les solariums des coups « de bonne humeur » et des couleurs, pour aller avec leurs tenues d'été.

 


Les gîtes troglodytes ont la cote, les campings ont souffert.
Ils encaissent une baisse d'activité de 5 % en moyenne, selon Guylhem Féraud, président de la Fédération de l'hôtellerie de plein air (FDHPA). La baisse devrait atteindre - 10 à - 30 % pour les campings bretons, - 5 à - 20 %, en juillet, pour les campings normands et - 15 % en Pays de la Loire, tous campings et activités confondues. Toujours en Pays de la Loire, mais à l'abri des roches, les hébergements troglodytes ont fait carton plein. Troglo'gîtes (Rochemenier), double sa clientèle. La météo n'y serait pour rien. Depuis 2000, les sites troglodytes d'Anjou font + 20 % de fréquentation.

 


Chocolat chaud plébiscité, terrasses désertées
Les cafetiers ont servi, plus qu'à l'accoutumée, des boissons chaudes. France Boissons enregistre une hausse de 20 % pour les cafés et chocolats en juillet. Augmentation d'autant plus importante que juillet 2006 avait été très ensoleillé. En revanche, les rafraîchissements n'ont pas trouvé preneurs, petite mousse en tête. Les ventes de bières en grandes surfaces ont chuté de 27 % en juillet (*). Néanmoins, avec un début août plutôt clément et le Sud-Est épargné, les chiffres ne sont pas trop catastrophiques.

 

Pauline TATTEVIN et Nicolas BARRIQUAND.
 
/Paru dans Ouest-France du vendredi 24 août 2007/
 

(*) Étude Nielsen.

Publié dans Actu

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