séniors actifs

Publié le par Pauline Tattevin

Des agences d'intérim ciblent les retraités


« Seniors, retraités actifs, vous recherchez une activité rémunérée · Valorisez vos compétences ! Améliorez vos ressources ! » C'est la page d'accueil du site Internet d'Afteris (1), une agence d'intérim de Laval. Créée en 2004, elle permet aux plus âgés, jusqu'à 65 ans, de retravailler en entreprise.

Catherine Herrault, responsable-développement du groupe Actual, la maison mère, raconte la création d'Afteris : « On a voulu donner une réponse au papy-boom et à ceux qui voulaient retravailler. » Sur le site, les candidats ont accès à tous types d'emplois, dans toute la France (82 agences).

« Disponibles et investis »

Il n'y a pas de profil type. « Ceux qui ont été cadres ont envie de rester à leur poste et de transmettre leur savoir. Ceux qui ont une retraite faible ont besoin de continuer à travailler pour des raisons budgétaires. »

Ces cas de personnes « qui touchaient des salaires faibles et n'ont pas anticipé leur retraite » se multiplient. Comme celui de ce plombier, reconverti, à la retraite, dans l'entretien agricole. Au cours de missions ponctuelles, il nettoie, par exemple, les bâtiments d'élevages de lapins.

Souvent, les seniors récupèrent des postes qui ne sont pas prisés par les jeunes. Les entreprises apprécient ces employés aux cheveux poivre et sel. Ils sont, en général, « disponibles et investis », selon Catherine Herrault.

Joël André a 58 ans. Boucher de formation, il a travaillé pendant plus de quarante ans dans le secteur industriel. « Grâce à la loi Fillon », il a arrêté en 2000-2001. Aujourd'hui, pour passer le temps, en attendant sa femme, « qui a encore quatre ans avant la retraite », il est consultant en agroalimentaire, une semaine par mois au maximum. « Pour le salaire, c'est compliqué. Je ne peux pas dépasser 700€ par mois. »

Selon le ministère du Travail, « lorsqu'un retraité du régime général reprend une activité salariée, il peut cumuler son salaire avec ses pensions (base et complémentaires) à condition que la somme de son nouveau salaire et de ses pensions ne dépasse pas son dernier salaire ou, si cette solution est plus favorable à l'assuré, 160 % du Smic. »

C'est là que le bât blesse, selon Catherine Herrault, car « ce plafonnement peut freiner les entreprises».

Pourtant, les seniors gagnent du terrain sur le marché de l'emploi. Afteris a enregistré 400 demandes en 2006. Des agences d'intérim ouvrent leurs portes à Paris, dans le sud de la France...

Pauline TATTEVIN.
publié dans Ouest-France, le 15 août 2007

Publié dans Actu

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