La femme au secours du transport routier

Publié le par Pauline Tattevin

Economique et Social

Paru dans Ouest-France du samedi 04 août 2007

En manque de main-d'oeuvre, les transporteurs routiers embauchent des femmes. Rencontre avec Natacha, conducteur de poids lourds.

Natacha n'a rien d'une « armoire à glace ». Avec ses cheveux lâchés sur les épaules, un débardeur blanc et un jean, la demoiselle de 28 ans est une jeune femme comme les autres. C'est vrai, elle conduit des poids lourds. Mais elle a « une vie tout à fait normale », avec un compagnon, une maison et elle rêve d'avoir des enfants. Surtout, elle a la motivation. « Dès le début, je voulais être conducteur, raconte-t-elle. Après un bac ES, j'ai travaillé un an dans une usine d'agroalimentaire, puis j'ai suivi une formation et j'ai été embauchée chez un transporteur. » Il a juste fallu convaincre un père réticent, qui, aujourd'hui, est « fier » de sa fille.

 Natacha travaille depuis six ans et demi pour la société Guillemet (Morbihan), spécialisée dans l'agroalimentaire. Elle se déplace sur des zones courtes (en région), ce qui lui permet de rentrer le soir. Tous les matins, elle prend son camion et livre jusqu'à quarante tonnes de produits dans la journée. Qu'elle décharge toute seule, à l'aide d'un chariot élévateur. Un conducteur comme Natacha peut toucher entre 1 800 et 1 900 € net par mois.

 « Pas de Tarzans en marcels ! »

 Il reste bien un macho, ici ou là, mais ils se font de plus en plus rares. Jacques Guillemet, lui, n'a pas hésité à embaucher Natacha à une époque où le milieu était encore très masculin. Il explique pourquoi le sexe faible est une force : « En général, les femmes passent mieux chez les clients. Elles sont plus diplomates que les hommes. Elles rangent bien les papiers, les instructions sont suivies, les camions sont en bon état... Elles ont peut-être une conscience professionnelle accrue. »

 Le transport de marchandises manque cruellement de bras. Selon la Fédération nationale du transport routier (FNTR), « les entreprises auront besoin de recruter dans les années à venir près de 9 000 conducteurs par an ». Le secteur pâtit, notamment, d'une mauvaise image et du papy-boom. Les femmes peuvent changer la donne. D'ailleurs, la FNTR organise, en septembre, une opération de formation et de recrutement en Bretagne, pour tous les métiers qui gravitent autour des transports (du conducteur à l'administration, en passant par la manutention). L'ANPE est partenaire, 200 entreprises participent. La cible, ce sont les femmes. « On a plus de 300 postes à pourvoir, précise Hervé Lejeune, directeur de la FNTR-Bretagne. « La nouveauté, c'est que les entreprises de moins de 20 salariés recrutent des femmes. Tous les participants seront rémunérés pendant leur formation et auront un travail à la sortie. » Le profil recherché ? « On ne veut pas de Tarzans en marcels ! », sourit Hervé Lejeune. À vos volants, Mesdames.

 Pauline TATTEVIN. 

 
 Pratique : Fédération nationale du transport routier : 0 820 820 697 ou www.fntr-bretagne.com
Anpe : 0 821 347 347 ou www.anpe.fr

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